Start Up

 

La nouvelle économie azuréenne face aux secousses : le point


Les start-up et l'industrie high tech azuréenne ont subi le contre-coup de la crise, partie des Etats-Unis. Mais jusqu'à présent le choc a été bien absorbé.

Alors que la nouvelle économie affronte sa première crise, faut-il désespérer de Sophia Antipolis en particulier et du high tech azuréen en général ?
Certainement pas. Certes, ce secteur en pleine croissance a subi le contre-coup du choc qui a touché les Etats-Unis. Mais il résiste bien. Jusqu'à présent, les emplois qui ont été supprimés par les réductions d'effectifs ou les fermetures pures et simples, ont été remplacés plus que largement par des entreprises qui continuent d'embaucher et des start-up qui poursuivent leur ascension. Le point sur les secousses azuréennes de la nouvelle économie.

Start-up : ceux qui partent et ceux qui poussent

Le soufflé start-up est-il retombé? Oui et non. Oui, parce que depuis le début de l'année, le mouvement s'est bien assagi. Non parce qu'il y a encore des start-up qui naissent et d'autres qui embauchent et se déployent.
Certes, c'en est terminé de la grande euphorie de l'an dernier. Finis les "je veux, je peux" à tous crins, les "attaquons! " planétaires sur des concepts mal arrimés. Up-e, la bourse électronique des start-up, qui symbolisait ce formidable renouveau de l'entreprise, s'est écroulée en janvier. Ses rendez-vous mensuels, les "first thuesday" azuréens, ont disparu. Mais il reste les rendez-vous mensuels de Sophia Start-up, le club de la Fondation Sophia Antipolis qui a commencé à tisser une toile européenne d'associations de start-up.
Certes une bonne quinzaine de jeunes pousses, ou implantations de start-up internationales, ont disparu dans la tempête. Citons Trader.com, centre de R & D pour la gestion de sites de petites annonces (50 employés), Healthcenter, ex-Focus Imaging, dans l'imagerie médicale (30 salariés), Wwwhoosh France, un accélérateur de web (15 employés), VistaPrint, l'imprimerie via le Net (15 employés), l'Agence Techtonic, une web agency (9 employés), Worldres, système de réservations hôtelières (10 employés), Kanbay France, solutions d'e-business (5 employés)". Et tout dernièrement, Ettex (80 employés à Nice), qui après la série noire des dot.com, confirme le malaise des places de marchés. Un dépôt de bilan qui intervient, non parce que l'entreprise n'était pas viable, mais parce que les investisseurs -devenus frileux quant à la net-économie- n'ont pas voulu poursuivre.
Et puis, il y a ceux qui sont encore là, mais en ayant notablement réduit la voilure. Ainsi Aucland, le site d'enchères (50 emplois supprimés), Kast Telecom, l'opérateur de télécommunications en règlement judiciaire depuis début mai (32 emplois supprimés). Mais, comme le fait remarquer Jacques Lignières, directeur général d'Amadeus, le mouvement a mieux résisté sur Sophia Antipolis qu'ailleurs parce qu'il est très orienté "technologies" et moins axé "dot.com". Le flux de création d'emplois, souligne Marc Wilson, Pdg du cabinet de recrutement Tech Selection, reste surtout assuré par des start-up qui poussent et embauchent : Realviz, Opt(e)ways, Castify Networks, Activia, Right Vision, Ulticom, ont des plans d'embauche entre 10 et 50 personnes sur l'année.

La Telecom Valley continue d'embaucher

Côté grands comptes, les grandes restructurations planétaires lancées aux Etats-Unis, ont quelque peu refroidi la progression. Ainsi Lucent, en grande difficulté financière, a liquidé sa filiale Octel à Nice (une soixantaine d'emplois) et a supprimé son call center de Sophia Antipolis (40 emplois). Mais il garde son projet d'incubateur UMTS. Texas Instruments a gelé son plan d'embauche de 200 personnes en attendant des temps meilleurs.Avent! (design de circuits imprimés) a supprimé son implantation sophipolitaine (40 personnes). Mais Alcatel et IBM continuent d'embaucher. Et la dernière opération d'e-recrutement de la Telecom Valley, organisée le 31 mai dernier, a montré que le secteur télécoms azuréen restait ouvert à l'embauche : entre Amadeus (150 embauches pour l'année), Accenture (100 pour 2002), les SSII (Unilog, SII, Ferma, etc.) ce sont de 400 à 500 postes qui restent ouverts.
L'heure certes est à la prudence. Le high tech azuréen ne réalisera sans doute pas en 2001 les performances de l'année 2000. Mais il n'en continue pas moins jusqu'à présent de progresser à bonne vitesse et garde toutes ses potentialités pour de nouvelles accélérations.