Start'up

 

Il y a une vie " après start-up " !


Figures du mouvement start up azuréen, que font-ils lorsqu'ils quittent le devant de la scène ? Azur Entreprises a enquêté…

Que faire quand, après avoir brûlé jour et nuit pendant un ou deux ans pour faire monter une entreprise à la vitesse Internet, on sort brutalement de l'aventure ? Le premier Azuréen à avoir affronté ce type de problème, c'est Christophe Dupont. Peu après être sorti d'Echo, le moteur de recherche francophone qui a donné naissance à Voilà, il avait relancé dans la foulée Respublica.fr dont il s'occupe toujours.

De l'hyper activité à la prise de recul

Mais la roue tourne vite dans les start-up. Christophe Dupont, depuis, a été rejoint par d'autres. Fabrice Grinda et Sacha Fosse-Parisis, le tandem qui avait fait monter Aucland (site d'enchères en ligne à Sophia Antipolis), Frédéric Court, le financier d'Etexx (place de marché électronique du textile à Nice), et plus récemment Jean-Claude Vrignaud d'Opt(e)ways (plate-forme logicielle pour les services géolocalisés) ont quitté la start-up qu'ils avaient contribué à placer en orbite.
Pour Sacha Fosse-Parisis, ce ne fut pas facile. "Pendant deux ans, Fabrice et moi-même, nous avions vécu à cent à l'heure. J'ai quitté mon bureau le 22 décembre au soir. Quelques jours après, je tournais comme un lion en cage. Mes amis m'avaient dit qu'il fallait au moins de trois à six mois pour faire le vide et récupérer. J'ai pris un mois pour souffler et j'ai décidé de repartir. De faire quelque chose pour lequel toute l'expérience acquise avec Aucland puisse me servir."

Sacha Fosse-Parisis repique pour Activia

"Des chasseurs de tête m'avaient contacté. J'avais aussi envisagé de lancer une start-up sur les technologies de CRM (Customer Relationship Mana-gement, ou relation client). Mais il me manquait une pièce : quelqu'un qui puisse me faire un bon business plan. Aussi, j'ai décidé de repartir comme directeur technique d'Activia. J'ai trouvé dans l'équipe dirigée par Franck Lyonnet, une densité, une compétence, un professionnalisme qui m'enthousiasment."
Depuis fin janvier 2001, Sacha Fosse-Parisis, ancien de l'ESSI et docteur de l'INRIA, lui qui a monté l'architecture informatique du premier grand site d'enchères français, a rejoint en quelque sorte sa famille (l'équipe est issue en grande partie de l'INRIA Sophia). Avec de grands projets : Activia, spécialisée dans le CDN (Contend Delivery Networks), une technologie qui permet la diffusion massive de contenus sur Internet, va attaquer un marché planétaire. Et elle devrait passer de 20 personnes aujourd'hui à une centaine à la fin de l'année. Nouveau rush en vue…

Fabrice Grinda et Frédéric Court : la tentation business angels

Fabrice Grinda, le petit Prince de la nouvelle économie, avait vécu une véritable course contre la montre pendant deux ans, dormant sur le canapé de ses directeurs régionaux, tantôt à Madrid, à Rome, à Londres ou ailleurs. Exaltant, mais épuisant. Son expérience du monde de l'Internet, il l'a met pour l'instant au service de grands groupes en tant que consultant. Parti d'Aucland en octobre 2000 sans avoir gardé d'actions, il a voulu prendre du recul et cherche après l'agitation, à acquérir une vision plus fine de l'Internet. Il envisage aussi de devenir business angels.
Frédéric Court, lui, reste actionnaire fondateur d'Etexx. Mais depuis novembre 2000, il n'a plus de fonctions opérationnelles. Financier de formation, il avait contribué à assurer les premières levées de fonds. Depuis son départ, il vit entre Londres et la Côte d'Azur, tente de reprendre ses marques, et cherche à se lancer dans des activités financières, soit comme business angel, soit comme investisseur pour des sociétés de capital risque.
La situation de Jean-Claude Vrignaud, qui a quitté le poste de CEO (Pdg) d'Opt(e)ways au 1er janvier 2001, est différente. D'abord parce qu'il ne s'agit pas de la même génération. Ensuite parce que cet ancien d'ATT, habitué de la Silicon Valley, avait programmé son départ.
"Mon rôle était d'assurer la première phase : la création. Monter les équipes, défricher les marchés et lancer les premiers produits. Cette phase est terminée. La plate-forme de gestion de services géolocalisés (Optego) a été lancée en novembre. Maintenant nous entrons dans une phase opérationnelle. D'où le besoin d'un autre profil. D'un CEO qui soit d'abord un homme de terrain."
Jean-Claude Vrignaud n'en reste pas moins actionnaire fondateur. Il continuera à assurer la promotion d'Opt(e)ways. Mais sans le stress et la fébrilité d'un pilote de start-up.
Autant de compétences disponibles qui représentent une formidable chance pour la nouvelle économie azuréenne. Michel Bernasconi, titulaire de la chaire d'entrepreneuriat high tech au Ceram, y voit même la possibilité d'établir un cercle vertueux du développement endogène. "Le phénomène a été observé à Cambridge. Ceux qui ont réussi ne tiennent pas à s'arrêter. Ils ont acquis une remarquable expérience, disposent souvent de capitaux qu'ils réinvestissent et contribuent ainsi à l'accélération de la création de richesse."