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Ressentie comme une injustice fiscale, la TVA à 19,6 % appliquée au secteur de la restauration est de plus en plus remise en cause par les professionnels du secteur.
Le 5 mars dernier les restaurateurs et cafetier engageaient une journée d'action nationale. Motif de leur revendication : la TVA à 19,6% appliquée à leur secteur d'activité. Taux considéré comme injuste par les professionnels d'un secteur déjà soumis à de nombreuses taxations . D'autant que, normes européennes obligent, le personnel de salle rémunéré aux pourboires va lui aussi être bientôt soumis à la TVA*.
" Avec 12 % pour l'Italie, 8% pour le Portugal ou encore 10% pour l'Espagne, la France avec ses 19,6 % reste le pays d'Europe où la TVA est la plus forte, explique Hubert Boivin, qui préside l'Union Patronale des Cafetiers Restaurateurs Nice Côte d'Azur et propriétaire de la brasserie "Le Montet" à Nice. Alors que les Fast Food ne sont soumis qu'à un taux de 5,5%, nous voulons que notre taxe soit revue à la baisse pour les établissements qui ne pratique pas la vente à emporter."
Avec 3800 établissements dans les Alpes-Maritimes, le secteur représente un poids économique important. Mais cet état de fait ne doit pas masquer une réalité qui inquiète de plus en plus les restaurateurs. " Nous sommes des chômeurs qui s'ignorent, estime Pierre Féral, membre de la CCI Nice Côte d'Azur et propriétaire du restaurant "Le Rendez-vous" situé au sein du Centre Commercial Nice Etoile.
Revaloriser le métier de la restauration
Il ne faut pas se voiler la face, notre activité est en voie de disparition et nous avons vraiment besoin aujourd'hui d'une bouffée d'oxygène, poursuit Pierre Féral. Notre secteur souffre de difficultés qui remettent en cause l'exercice même du métier. Car il faut bien réaliser que notre combat n'a pas pour objectif d'augmenter nos marges, mais de redistribuer les sommes "économisées" par une baisse de la TVA. Pour favoriser l'embauche de personnel, l'augmentation des salaires et l'investissement en matériel. Dans une activité où la notion de qualité de service est primordiale, nous ne pouvons plus prendre le risque d'embaucher du personnel moins qualifié. Car moins qualifié dit moins exigeant en matière de rémunération, mais dit aussi le risque de voir nos établissements désertés par la clientèle, déçue par des prestations qui n'étaient à la hauteur de ce qu'elle pouvait escompter.
Nous voulons redorer l'image de la restauration, offrir de nouveau des salaires en rapport avec les qualifications, ouvrir des opportunités de carrière aux jeunes... Bref, recréer un dynamisme économique et d'emploi!"
Mais la "soupape financière" occasionnée par un changement de la TVA serait aussi - en favorisant la baisse des prix de vente-une opportunité en matière de compétitivité pour la Côte d'Azur et plus largement la France, vis-à-vis d'autres destinations touristiques européennes. Si pour l'heure la situation semble bloquée, les espoirs sont permis. Le processus de normalisation européenne devrait faire son œuvre... En attendant, un projet de loi devrait être suggéré aux députés français par les principaux syndicats professionnels du secteur, ceci dès le mois de juin.
*Depuis 1900, le personnel
de salle rémunéré au pourboire n'était pas soumis à la TVA.
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