
Croisières : quel impact sur l'économie azuréenne?
D'avril à octobre, les 350 000 passagers en escale sur Nice, Villefranche et Cannes, laissent 40 millions d'euros dans les caisses des commerçants azuréens.
Les chiffres en attestent : les croisiéristes représentent une clientèle en croissance pour l'hôtellerie et les commerçants des Alpes-Maritimes.
En 1999, des études précises réalisées par le cabinet indépendant " Géode ", ont permis de définir et quantifier cette dépense touristique selon le port d'escale (Nice, Cannes, Villefranche). Les résultats montrent que la dépense touristique des passagers " croisières " a été de 210 millions de francs en 1999, répartie géographiquement de la manière suivante : 72, 692 millions de francs à Nice, soit environ 1320 francs par personne, 98,797 millions à Villefranche, soit 710 francs par personne, et de 55,335 millions à Cannes soit 900 francs par personne. 49% de cette dépense sont consacrés aux excursions, 36% au shopping et 15% à la restauration. A noter que la dépense moyenne estimée d'un passager avion est de 660 F (100 e)/ jour, donc largement inférieure.
La hausse du trafic croisière ces deux dernières années (40% au total) a porté en 2001 cette manne pour l'économie départementale à plus de 40 millions d'euros soit 262 millions de francs
Trois critères
Le montant de la dépense d'un croisiériste dépend de sa nationalité, du standing de son bateau et de la typologie de son escale. Si on étudie celles enregistrées autour de l'escale niçoise, on note, pour le premier critère, que les Américains dépensent le plus avec une moyenne de 360 e (2360 francs)par passager, devant les Russes avec 290 e. D'autre part, plus le bateau est petit (en capacité), plus il est luxueux et plus ses passagers sont dispendieux. La clientèle américaine haut de gamme (bateaux de moins de 500 passagers, 11% du total des croisiéristes azuréens) laisse en moyenne 610 e (4 000 francs) par passager alors que la clientèle américaine " moyenne gamme " (plus de 500 passagers par bateau, 16% du total des croisiéristes) ne dépense que 177 e per capita. Enfin, en matière de typologie d'escale, on distingue la notion de " tête de ligne " et de " transit ". Les têtes de ligne sont les arrivées et les départs de croisière, les passagers y accèdent ou en repartent donc par voiture, par train ou par avion. L'escale de transit est une escale de milieu de croisière.
L'impact économique est différent puisque la première entraîne des frais quasi obligatoires d'hôtellerie, restauration, taxis... voire même de séjour avant ou après croisière. Un passager "tête de ligne" dépense ainsi en moyenne à Nice 177 e contre 111 e par un passager en transit. A noter que la " tête de ligne" est liée à l'infrastructure portuaire pour laquelle Villefranche ne peut se positionner. En 2001, si le trafic azuréen passager a augmenté globalement de 16%, le trafic purement " tête de ligne " a baissé de 16%, car ce segment de marché est très disputé.
Les commerçants azuréens ressentent parfaitement les effets bénéfiques de cet apport de clientèle concentré sur une saison allant d'avril à octobre. Madame Leblond, responsable du magasin Longchamp, avenue de Verdun à Nice, estime à 30% de ses ventes, la clientèle croisières sur le mois de mai qui correspond au pic de passagers. " Il s'agit à 75% d'Américains à hauts revenus, la plupart du temps de la Côte Est. Cette clientèle est très intéressante et j'entends la développer ".
Les commerçants témoignent
Chez Sport House, le plus ancien magasin de la rue Paradis à Nice, Danielle Musso tient le même discours. "On note l'importante saisonnalité de cette clientèle. Sur l'ensemble de l'année elle représente 10% du CA. Les passagers des gros bateaux en escale à Villefranche ne sont pas intéressants. Ils sont pris en main par les tours opérators et ne chinent pas. Je souhaite qu'il y ait plus de bateaux qui fassent escale à Nice. Puisse le futur port y contribuer".
Coté hôtelier, le directeur du "Boscolo Plaza", Hans Heyligers confirme une légère augmentation des séjours pré et post croisière. " Elle vient de la clientèle américaine. Des accords ont été passés avec des agences. Il faut maintenant que le port de Nice développe ses têtes de lignes. Le décalage horaire entre les Etats-Unis et la France rend en effet quasi-obligatoire, la dépense d'une nuitée en hôtel pour les futurs passagers ".
 
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