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JUIN 2002
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Déchets : 1er juillet date limite !


Le 1er juillet prochain : c'est la date limite fixée par la directive européenne de 1991 imposant de ne mettre en décharge que des déchets ultimes… Mais faute d'anticipation, les Alpes-Maritimes auront du mal à la respecter ! En cause : des filières de recyclage encore insuffisantes.

Si aucune catastrophe n'est pour l'instant à l'horizon, l'heure est néanmoins à la vigilance. N'ayant pas résolu à temps le problème de la gestion de ses déchets, les Alpes-Maritimes ne pourront pleinement appliquer la directive européenne du 1er juillet 2002. Celle-ci imposera en effet de ne mettre en décharge que des déchets ultimes. Mais les actuelles filières de recyclage du 06 ne sont pas adaptées à cet objectif. Et les nouvelles infrastructures, actuellement à l'étude dans le cadre de la préparation d'un nouveau plan départemental d'élimination des déchets ménagers et assimilés, ne seront pas prêtes à temps.
La situation, heureusement, ne devrait pas se retrouver bloquée du jour au lendemain. Après l'échéance de juillet, les ordures ménagères et les déchets assimilés - dont font partie les déchets industriels banals (DIB) - continueront en effet à être acheminés vers la centre d'enfouissement de La Glacière. " Les projets que nous étudions à l'échelon départemental ne verront le jour qu'à moyen ou long terme. En attendant, le site de la Glacière restera la solution d'évacuation ", confirme Maxime Coullet, conseiller général, président de la commission consultative chargée de la mise en place du nouveau plan départemental d'élimination des déchets. Pour l'instant, on note que le site de la glacière est l'objet de recours, rendant son devenir incertain...

Augmentation des coûts

Cette solution de transition ne doit pas cependant cacher l'essentiel : une fois respectée, la réglementation se traduira immanquablement par une augmentation des coûts.
" Contrairement aux industriels, les petites entreprises restent peu sensibilisées à ce problème, explique Luc Tournaire, PDG de Tournaire SA et membre de la Chambre en charge du dossier. Elles n'ont pas conscience de ce que cela leur coûte, ni qu'à compter du 1er juillet, l'entrée en vigueur de la directive entraînera une augmentation. "
Que l'entreprise organise le tri de ses déchets et trouve elle-même les filières de retraitement ou que des prestataires lui facturent ces services, la mise en application de la directive aura en effet un prix. " Et si l'on ne se prépare pas à l'avance, cela coûtera même beaucoup plus cher", prévient Luc Tournaire…
Pour les entreprises (en secteur urbain comme rural), une seule solution s'avère capable de limiter la hausse : que les mêmes circuits s'occupent à la fois des déchets ménagers et professionnels. " C'est pourquoi la CCI fait en sorte que les DIB, dans ces zones comme ailleurs, soient pleinement pris en considération à chaque étape d'élaboration du futur plan départemental, enchaîne Luc Tournaire. Pour l'instant, les tonnages en tiennent compte. Mais nous restons vigilants. "

Plastiques, le point noir

Ce nouveau plan, qui doit remplacer le précédent document annulé par le Tribunal Administratif suite à des recours d'associations, a pour but de trouver la meilleure solution globale à l'échelon départemental. La phase d'inventaire du gisement et d'analyse des installations existantes est terminée. Sont actuellement à l'étude les scénarios concrets d'implantations d'unités de traitement, indispensables dans le 06. Car si en matière de ferrailles ou de palettes, les filières de la Côte d'Azur sont à peu près suffisantes, ce n'est pas encore le cas pour les plastiques (le point noir du département, toutefois en bonne voie) ou même pour le carton (tous les centres arrivent à saturation).
" Le travail préliminaire à la mise en place du plan devrait aboutir sous peu, conclut Maxime Coullet. Mais il y a plusieurs éléments perturbateurs à notre travail, dont par exemple l'arrivée des communautés d'agglomération, qui deviennent compétentes en matière de déchets, ou encore la période électorale, qui n'est pas très propice aux prises de décision dans ce domaine... "

Mettre en place une gestion collective

Dans les zones d'activité concentrées telles que les zones industrielles (ZI), la situation est en revanche légèrement différente… " Dans ces endroits, il est possible de mettre en place une gestion collective des déchets des entreprises ", explique Luc Tournaire. Plusieurs initiatives ont ainsi été relancées par la CCI Nice Côte d'Azur, en partenariat avec les collectivités et les clubs d'entreprise. C'est par exemple le cas dans la zone idustrielle de Carros-Le Broc.
" Il y a sur ce sujet un très large consensus, à la fois économique et politique, se félicite Jacques Boittet, responsable de la commission environnement - déchets du Club des Entrepreneurs de la zone de Carros, maître d'ouvrage du projet. Nous entendons boucler rapidement l'élaboration des scénarios de façon à bénéficier de nouvelles aides publiques, notamment de l'Ademe et de la Région. " A terme et si, comme promis, un terrain est mis à disposition du projet par la Communauté de Communes, la zone industrielle de Carros devrait s'orienter vers une plate-forme de regroupement et de re-conditionnement des DIB valorisables, de façon à profiter d'économies d'échelle.

Baisser les taxes

Dominique Le Pennec, responsable environnement de l'entreprise Virbac, installée sur la ZI, est lui-aussi très enthousiaste : " notre objectif est d'aider nos voisins à gérer leurs déchets aussi bien que nous le savons le faire. Et d'apporter notre expérience d'industriel aux petites PME de la zone, qui n'ont pas toujours conscience de la nécessité légale de trier, ni même de l'intérêt économique de cette démarche. Tout cela permettra également d'améliorer l'image de la ZI. Nous avons donc tous à y gagner ! "
En outre, la gestion collective présente bien souvent un autre avantage : celui de faire baisser les taxes. La redevance spéciale prélevée dans certains endroits sur les entreprises pour l'enlèvement des DIB est en effet calculée en fonction du tonnage collecté. Trier et recycler une partie de ses détritus présente donc, de ce point de vue aussi, un intérêt évident…



Une bourse aux déchets sur Internet

De façon à aider les entreprises à trouver les prestataires avec lesquels contracter en matière de recyclage des déchets, la CCI Nice Côte d'Azur mettra à jour d'ici la fin de l'année 2002 un annuaire. En parallèle, une bourse aux déchets sera également activée sur Internet. Piloté par la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie (CRCI), le site Web permettra à chaque entreprise de trouver rapidement un partenaire pour se débarrasser de ses détritus.

Contact CCI
Gilles Beauge, chargé de mission "Environnement-Déchets"
Tel. : 04 93 13 73 10
Fax : 04 93 13 73 27
e-mail : gilles.beauge@cote-azur.cci.fr

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