François Bachelet (AOM-Air Liberté) : "Quinze liaisons quotidiennes sur Nice-Orly"
Azur Entreprises : Vos objectifs sur Nice, désormais ?
"Conserver le patrimoine de la compagnie que nous avons reprise. Sur le Nice-Paris Orly, nous souhaitons rester à parité avec Air France, c'est-à-dire offrir une quinzaine de liaisons quotidiennes. C'est notre patrimoine de fond et il est difficile d'exister sur cette ligne avec moins de vols journaliers.
Nous avons une clientèle que nous espérons bien voir revenir. Dans ce but, nous avons mis en place un système de garantie financière pour les agences de voyages via l'organisme de compensation bancaire, le B.S.P.. Cela permettra de les sécuriser ainsi que leurs clients."
Et en dehors de la liaison Nice-Orly ?
"Nous allons garder également la liaison Nice-Figari sur la Corse mais avec un partenaire dont nous affréteront les avions. Notamment l'hiver, il est possible d'assurer ce vol avec un avion plus petit que le MD 83 (ce sera probablement un ATR).
Pour le programme d'été, en avril 2002, nous allons ouvrir une desserte sur Alger au départ de Nice ainsi qu'au départ de Marseille (le Paris-Alger en bi-quotidien sera au programme d'hiver 2001)."
Comment vous positionnez-vous, vis-à-vis d'Air France ?
"La concurrence sur le Nice-Paris Orly se fera sur une base économique. Nous offrons un service du même type qu'Air France, avec un nombre de fréquences similaires. Il n'y a pas de miracle. Nous ne pouvons pas nous battre sur les tarifs et il n'y aura pas de dumping tarifaire. Nous comptons d'abord sur la qualité du service proposé pour nous démarquer et c'est d'ailleurs une attente de la clientèle. Certes, les coûts ont été compressés de manière à être compétitifs. Il y aura une véritable concurrence. Mais nous ne travaillerons pas en dessous de nos coûts."
L'éventuelle arrivée d'easyJet ne vous fait-elle pas peur ?
"EasyJet a annoncé qu'au départ de Paris Orly, elle se positionnerait sur des liaisons internationales. Cette compagnie low cost ne vise pas à priori le Paris-Nice. Il ne lui suffirait d'ailleurs pas d'avoir des créneaux horaires au départ d'Orly. Il lui faudrait également trouver les créneaux à Nice.
Mais le métier qu'EasyJet fait, ce n'est pas le même que le nôtre. Concernant la plate-forme de Nice, je crois de toute façon au développement du trafic. C'est une réalité. Cela explique que l'aéroport Nice Côte d'Azur soit un élément majeur de notre dispositif et que nous y avions conservé une grosse escale, dotée de tous ses moyens, avec des personnels très expérimentés".
Pierre-Stéphane Austi (Air Littoral) : le hub de Nice reste le pivot de la compagnie"
Azur Entreprises : Où en est le hub régional de Nice ?
" Le concept de "hub régional", lancé en 1996 a montré sa validité : en quatre ans, il a permis de monter la compagnie aux premiers rangs sur Nice (1.250.000 passagers en 2000).
A ce jour, pratiquement toutes les liaisons ont été maintenues. Nous en comptons dix-neuf.
Dix d'entre elles sont internationales : Madrid, Barcelone en Espagne, Naples, Rome, Florence, Venise, Bologne et Olbia en Italie (Olbia ne fonctionnant qu'entre juin et septembre), Munich en Allemagne et Genève en Suisse.
Les neuf autres sont nationales : Montpellier, Toulouse, Bor-deaux, Nantes, Lille, Stras-bourg, Lyon, Figari et Calvi. Cela avec des fréquences qui vont de deux à cinq liaisons quotidiennes. Nous n'avons supprimé que les lignes que Swissair nous avait fait ouvrir : à Nice, le Vienne et à Marseille, le Zurich."
Quelles sont les perspectives de développement pour Air Littoral sur Nice ?
"Le hub régional de Nice, c'est le pivot d'Air Littoral. Dans la réorganisation de l'entreprise, nous allons le conforter. Si actuellement nous envisageons pour le programme d'hiver ( fin octobre), la suppression du Lyon et du Bologne, en revanche, nous allons nous renforcer sur certaines lignes, comme Toulouse qui passerait de 5 à 6 fréquences quotidiennes. Sur toutes les lignes où il restait encore des avions à hélices, nous mettons des Jet quand cela est techniquement possible. Et pour le programme d'été (fin mars), nous envisageons quelques ouvertures de lignes."
Les atouts d'Air Littoral dans l'après-Swissair ?
"La chance que la compagnie ait été reprise par son fondateur Marc Dufour et que notre clientèle ne nous ait pas abandonnés. Aux pires moments, les taux de remplissage des avions ne sont pas descendus en dessous de 60%. Aujourd'hui, ils sont autour de 65%. Autre atout : la confiance qu'a continué à nous accorder, même pendant la crise, la CCI, gestionnaire de l'aéroport de Nice Côte d'Azur. Nous disposons d'autre part d'avions neufs et le concept de hub fonctionne : des petits appareils, beaucoup de fréquences et quatre vagues de correspondances quotidiennes. Un hub qui, à Nice, garde un potentiel énorme."

